Pensée #629
Nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n’est pas nous apprendre à raisonner, c’est nous apprendre à nous servir de la raison d’autrui.
Nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n’est pas nous apprendre à raisonner, c’est nous apprendre à nous servir de la raison d’autrui.
J’allais alors d’un pas tranquille chercher quelques lieux sauvages dans la forêt… La majesté des arbres qui me couvraient de leur ombre… l’étonnante variété des herbes et des fleurs que je foulais sous mes pieds tenaient mon esprit dans une alternative continuelle d’observation et d’admiration….
Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi dire, que dans ceux que j’ai faits seul et à pied. La marche a quelque-chose qui anime et avive mes idées : je ne puis presque penser quand je reste en place ; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit.
Faire route à pied par un beau temps, dans un beau pays, sans être pressé, et avoir pour terme de ma course un objet agréable.
J’aime à marcher à mon aise, et m’arrêter quand il me plaît. La vie ambulante est celle qu’il me faut.
Nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds.
Avant une heure même les jours les plus ardents, je partais par le grand soleil, pressant le pas, dans la crainte que quelqu’un ne vint s’emparer de moi avant que j’eusse pu m’esquiver; mais quand une fois j’avais pu doubler un certain coin, je commençais à respirer en me sentant sauvé, en me disant; ‘Me voilà maître de moi pour le reste du jour.’
Je commençai par me rappeler une promenade semblable faite autrefois avec elle durant le charme de nos premières amours.
La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées; je ne puis presque penser quand je reste en place; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit.