Saison 5 : 2025-2026

Épisode 24 – Marcher dans le désert

L’intériorité devant l’immensité Crédit photo : iStock
L’intériorité devant l’immensité
Crédit photo : iStock

10 mars 2026  — À l’émission cette semaine, notre merveilleuse lectrice Sophie Hartung nous invite, dans sa chronique La balade des mots, à vivre une expérience à la fois unique et mystérieuse, pour ne pas dire transcendante – vivre au rythme de la marche dans le désert.

Pour, comme elle le dit, « laisser parler le Silence qui nous habite et que nous n’entendons que si peu, dans le brouhaha de nos vies… ».

Sophie nous le rappelle, depuis des millénaires, le désert est le lieu de Révélations.  Que ce soit pour les prophètes, les ermites ou les explorateurs, c’est l’endroit où l’on se retrouve seul face à soi-même ou à une force supérieure.

« Se perdre dans le Désert, n’est-ce pas se trouver dans un horizon de paradoxes entre le brûlant et le glacial, s’éprouver au contact d’une hostilité farouche pour découvrir une autre tendresse, une autre douceur et sans aucun doute vivre le mot Humilité ? » dit-elle. Et plus encore…

C’est à cette réflexion que nous invite Sophie.

Cet épisode est aussi un hommage à un très grand artiste de chez nous.

Le 18 février dernier, la scène internationale du « oud » et la scène musicale de Montréal perdaient un musicien au talent hors du commun : Nazih Borish.

Né en 1982, l’artiste d’origine syrienne débarque au Québec dans la foulée de la guerre civile dans son pays. Frédéric Léotar, cofondateur et directeur général du Centre des Musiciens du Monde, l’a bien connu.

Dans une entrevue parue dans l’infolettre PanM360, Léotar parle de l’art de Borish, de la beauté et de l’humilité d’un homme qui s’exprimait essentiellement dans le silence des mots et l’émotion de la musique.

Leur première rencontre remonte à 2014 alors que la création du Centre des Musiciens du Monde est dans l’air. Borish s’avère une très forte inspiration pour la naissance du centre, même s’il ne parlait ni français ni anglais. Il conversait par l’intermédiaire d’un interprète.

« J’avais devant moi cet artiste magnifique, déraciné par la guerre, un talent exceptionnel. Il n’avait aucun réseau, aucun moyen d’entrer en contact avec la communauté musicale d’ici. Pourtant, pour moi, c’est exactement pour des Nazih Borish qu’on a créé le Centre des Musiciens du Monde », d’expliquer Léotar.

Et de rajouter : « Avant de nous quitter récemment, il était reconnu dans le monde entier comme l’un des grands oudistes de sa génération. Le plus extraordinaire… c’est qu’il était autodidacte. En arriver à une telle maîtrise sans avoir suivi l’enseignement d’un maître expérimenté, c’est très rare. »

Borish a laissé de belles traces, dont l’album Roots of Strings, réalisé sous étiquette Analekta, en collaboration avec le Centre des Musiciens du Monde, lieu de création de formation et de diffusion dédié au développement et à la promotion des différentes musiques du monde.

C’est donc à la mémoire de Nazih Borish que je vous propose en deuxième partie de l’épisode d’aujourd’hui un mini-concert comprenant des extraits du disque Roots of Strings utilisé également pour les pauses musicales pendant la lecture par Sophie.

Je vous souhaite un bon récit du désert et un bon mini-concert !

 

Écouter l’épisode

 


Références

Schmitt, Éric-Emmanuel, (2017),  La nuit de feu, Paris, Le livre de poche, 186 p.

Gersi, Douchan, (1974), SAHARA, Éditions G.P., Paris, 112 p.

Roots of strings de Nazih Borish

Pour joindre Sophie Hartung : gstinfo@videotron.ca

Pour consulter l’infolettre PanM360 :  https://panm360.com/interviews-panm360/in-memoriam-nazih-borish-1982-2026-montreal-syrie-syria-oud/

La pensée de la semaine est de Antoine de Saint-Exupéry :

J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence…