Pensée #926
Comme si le seul mot de marche libérait des rêves inexprimés ou non vécus, des besoins d’espace et d’horizon, et surtout des désirs de liberté, d’imprévu, d’aventure.
Comme si le seul mot de marche libérait des rêves inexprimés ou non vécus, des besoins d’espace et d’horizon, et surtout des désirs de liberté, d’imprévu, d’aventure.
Qu’est-ce, me direz-vous, qu’un véritable voyageur ? Celui qui, en chaque pays parcouru, par la seule rencontre des autres et l’oubli nécessaire de lui-même, y recommence sa naissance…
Affronter l’imprévu quotidien des rencontres, c’est rechercher une autre image de soi chez les autres, briser les cadres et les routines des mondes familiers, c’est se faire autre et, d’une certaine façon, renaître.
Marcher ne serait rien en soi, fût-ce pendant près de mille kilomètres, s’il ne fallait emporter un certain nombre de choses indispensables.
Savoir retrouver les saisons, les aubes et les crépuscules, l’amitié des animaux et même des insectes, le regard d’un inconnu qui vous reconnaît sur le seuil de son rêve. La marche seule permet cela. Cheminer, musarder, s’arrêter où l’on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est différent du précédent, comme l’est chaque visage, chaque chemin.