Robert Frost

Pensée #559

Deux routes divergeaient dans un bois jaune :
Triste de ne pouvoir les prendre toutes deux,
Et de n’être qu’un seul voyageur, j’en suivis
L’une aussi loin que je pus du regard
Jusqu’à sa courbe du sous-bois.
Puis je pris l’autre. Qui me parut aussi belle,
Offrant peut-être l’avantage
D’une herbe qu’on pouvait fouler,
Bien qu’en ce lieu, vraiment, l’état en fût le même,
Et que ce matin-là elles fussent pareilles.
Toutes deux sous des feuilles qu’aucun pas
N’avait noircies. Oh. Je gardais
Pour une autre fois la première !
Mais comme je savais qu’à la route s’ajoutent
Les routes, je doutais de ne jamais revenir.
Je conterai ceci en soupirant
D’ici des siècles et des siècles, quelque part –
Deux routes divergeaient dans un bois :
Quant à moi, j’ai suivi la moins fréquentée
Et c’est cela qui changea tout.

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