J’ai appris des Innus la lenteur. Les nomades savent depuis toujours que la vitesse ne sert à rien. Elle excite, elle brule, elle hâte notre fin… Lorsque tu entreprends un long voyage, il ne faut surtout pas penser à l’arrivée. Il vaut mieux plutôt se recueillir sur chaque instant, je dirais sur chaque pas de l’infini périple. Le dernier pas arrivera bien un jour, mais dans l’intervalle, ne le forçons surtout pas ! La marche demande un rythme, les marcheurs le savent bien, eux qui jouent des pieds comme on joue d’un tambour, ce fameux tambour du cœur qui résonne parce qu’il respire. Le bon rythme a un son, un bruit, une sorte de battement régulier.
