Le ruban qui les lie ferait plaisir à Gandhi : La lenteur de la marche à pied est bien une désobéissance civile dans une société qui prône la vitesse comme seul critère de toute activité.
Il y avait un rapport harmonieux entre les véhicules lents et la campagne douillette, si délicatement dessinée à l’ère préindustrielle….le monde ou l’homme avait encore toute sa place…la marche suit le véritable cadran biologique qu’est notre corps…c’est la plénitude de tout notre être…c’est le seul moyen d’être au monde…ralentir c’est presque toujours apprendre à vivre…vivre c’est consacré du temps à ce qui est vivant…marcher vraiment, c’est aller au rythme de la fleur qui s’ouvre, c’est la lenteur au sein du silence…marcher c’est voyager avec la Terre autour du soleil pendant trois cent soixante-quinze jours, c’est vivre aux rythmes biologiques de la vie planétaire…marcher une journée, c’est prendre le temps de vivre, et cela prend tout votre temps, celui de vivre…la marche, c’est la lenteur de l’heure solaire, du cadran solaire, qui rythme pulsations et circulation sanguines…marcher, c’est retrouver ce rythme qui est celui de l’univers, celui de notre respiration, celui de notre cœur…