Pensée #42
C’est pourquoi je préfère marcher quand j’ai le temps. Tout ce que je ne vois pas quand je suis dans le tunnel du métro ou par la fenêtre de ma voiture devient une partie de mon quotidien. Les visages que je peux étudier en passant, les tenues qui varient selon la météo, les vitrines des cafés et des boutiques, les différences dans le bitume et la présence, encore, de quelques pavés soigneusement disposés ici et là pour faire joli. Non, il n’y a rien d’exceptionnel sur le trajet, mais toujours une multitude de petites choses à observer. Pour aller de chez moi à mon lieu de travail – les deux lieux où je suis le plus souvent –, il ne me faut pas plus de trente minutes à pied; mais pendant le trajet, je parviens à m’abstraire du monde. S’abstraire du monde ne veut pas dire tourner le dos à ce qui nous entoure, au contraire : c’est voir le monde avec davantage d’acuité, garder le cap et apprécier la vie.
