Frédéric Gros

Pensée #1090

Ainsi la grande séparation du « dehors » et du « dedans » se trouve bouleversée par la marche. Il ne faudrait pas dire qu’on traverse les montagnes, les plaines, et qu’on s’arrête dans les gîtes. C’est presque le contraire : pendant plusieurs jours, j’habite un paysage, j’en prends lentement possession, j’en fais mon site… c’est bien ici chez moi tout le jour, c’est là que je vais demeurer en marchant.

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Pensée #647

La lenteur, c’est de coller parfaitement au temps, à ce point que les secondes s’égrènent, font du goutte-à-goutte comme une petite pluie sur la pierre. Cet étirement du temps approfondit l’espace. C’est un des secrets de la marche : une approche lente des paysages qui les rend progressivement familiers. C’est comme la fréquentation régulière qui augmente l’amitié.

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Pensée #605

Marcher, comme on dit, cela « vide la tête ». Bien autrement, marcher remplit l’esprit d’une autre consistance. Pas celle des idées ou des doctrines, pas au sens d’une tête bourrée de phrases, de citations, de théories : mais pleine de la présence du monde.

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Pensée #598

Marcher n’est pas un sport. Mettre un pied devant l’autre, c’est un jeu d’enfant. Pas de résultat, pas de chiffre quand on se rencontre : le marcheur dira quel chemin il a pris, sur quel sentier s’offre le plus beau paysage, la vue qu’on a depuis tel promontoire.

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