Pensée #641
Elle montre à quel point on saisit le monde à travers le corps, et le corps à travers le monde…une pratique fondamentale devenue subversive, de nos jours, dans les pays occidentaux !
Elle montre à quel point on saisit le monde à travers le corps, et le corps à travers le monde…une pratique fondamentale devenue subversive, de nos jours, dans les pays occidentaux !
Marcher permet de se prémunir contre ces atteintes à l’intelligence, au corps, au paysage, fût-il urbain. Tout marcheur est un gardien qui veille pour protéger l’ineffable.
Avancer sur ses deux pieds rend semble-t-il plus facile le déplacement dans le temps ; l’esprit passe aisément des projets aux souvenirs, de la mémoire à l’observation.
Marcher encourage cet état de conscience particulier entre vigilance et flânerie, où l’espace parcouru n’est pas toujours présent à l’esprit.
Le promeneur solitaire est dans le monde sans y être tout à fait.
L’histoire de la marche est l’histoire de tout le monde.
La marche est une des constellations clairement identifiables dans le ciel de la culture humaine. Elle comprend trois étoiles, le corps, l’imagination, le monde…
Idéalement marcher est un état où l’esprit, le corps et le monde se répondent, un peu comme trois personnages qui se mettraient enfin à converser ensemble, trois notes qui soudain composeraient un accord.